Bangui, le 23 avril 2026 – Salle de conférence de l’ICASEES
La Salle de conférence de l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales a servi de cadre à un atelier d’envergure consacré à la validation du projet de Loi statistique actualisée en République Centrafricaine.
Placée sous le signe de la concertation, du dialogue institutionnel et de la gouvernance des données, cette session a été officiellement ouverte par le Directeur Général de l’ICASEES, Blaise Bienvenu ALI, également Président du Comité Technique de Programmation des Activités Statistiques (CTPAS). Les travaux ont été présidés par Christian NDJEKOU, représentant du DEMNER.
Cet atelier a réuni un large éventail d’acteurs institutionnels, traduisant l’importance stratégique de la réforme engagée dans le domaine statistique. Ont ainsi pris part aux travaux des représentants de la Présidence de la République, de l’Assemblée nationale, de la Primature, ainsi que de nombreux ministères sectoriels, notamment ceux en charge de l’économie, des finances, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’environnement et de la sécurité.
A ces institutions publiques se sont ajoutés des organismes techniques et partenaires clés tels que la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), la Chambre de Commerce, les agences nationales, les structures de régulation, ainsi que des organisations professionnelles, syndicats et ONG. Cette diversité d’acteurs illustre la dimension transversale de la statistique publique, au cœur des politiques de développement.
UN AGENDA STRUCTURE
Les travaux de la journée se sont déroulés selon un programme bien établi :
- Accueil, installation et enregistrement des participants
- Cérémonie d’ouverture officielle
- Présentation du projet de Loi statistique par les consultants
- Débats, observations et contributions des participants
- Formulation de recommandations
- Clôture des travaux
Les échanges ont été particulièrement riches, dynamiques et parfois houleux, témoignant de l’intérêt suscité par le texte et de l’engagement des participants. Dans un esprit participatif et constructif, les discussions ont permis d’examiner en profondeur les différentes dispositions du projet de loi.
Le projet de Loi portant organisation et réglementation des activités statistiques en République Centrafricaine vise à doter le pays d’un cadre juridique moderne, aligné sur les standards internationaux en matière de production et de gestion des données.
Dès ses dispositions générales, le texte pose les bases structurantes de l’activité statistique en définissant notamment :
- l’organisation du système statistique national,
- les principes de production des statistiques officielles,
- le cadre institutionnel,
- les mécanismes de coordination.
Il introduit également des concepts fondamentaux tels que les données statistiques, les micro données, le secret statistique ou encore le visa statistique, garantissant ainsi une meilleure lisibilité et application de la loi.
Le projet de loi consacre plusieurs principes clés indispensables à la crédibilité du système statistique :
INDEPENDANCE ET CREDIBILITE
Les autorités statistiques doivent exercer leurs missions en toute indépendance scientifique, dans le respect strict de la neutralité, de l’objectivité et de la transparence.
QUALITE DES DONNEES
Les statistiques produites doivent répondre à des critères rigoureux : pertinence, fiabilité, cohérence, actualité et comparabilité.
ACCESSIBILITE ET DIFFUSION
Le texte garantit un accès équitable à l’information statistique, avec des données diffusées de manière claire, simultanée et compréhensible pour tous les utilisateurs.
PROTECTION DES DONNEES
Une attention particulière est accordée à la confidentialité des informations :
- protection stricte des données individuelles,
- interdiction de leur utilisation à des fins fiscales ou judiciaires,
- obligation de secret professionnel pour les agents,
- délai de 50 ans avant la divulgation des données nominatives.
Le projet de loi prévoit une structuration renforcée du Système Statistique National (SSN) autour de plusieurs composantes essentielles :
- le Conseil National de la Statistique (CNS), organe de coordination et de validation ;
- l’ICASEES, reconnu comme organe central, doté d’une autonomie administrative et financière ;
- les services statistiques sectoriels ;
- les institutions de formation et de recherche.
Cette architecture vise à améliorer la cohérence, l’efficacité et la coordination des activités statistiques à l’échelle nationale.
Le texte prévoit également la structuration d’un corps professionnel de statisticiens comprenant :
- des inspecteurs généraux,
- des ingénieurs statisticiens,
- des démographes,
- des techniciens et assistants.
La gestion de ce corps sera centralisée à l’ICASEES, contribuant ainsi au renforcement des capacités techniques et à la professionnalisation durable du secteur.
Afin d’assurer l’application effective de la loi, un régime de sanctions est prévu :
- amendes en cas de refus de réponse aux enquêtes statistiques,
- pénalités pour fausses déclarations,
- sanctions importantes pour les enquêtes réalisées sans visa statistique,
- possibilité de fermeture d’établissement en cas d’infraction grave.
L’atelier s’est distingué par la qualité des contributions et l’intensité des échanges. Les discussions, parfois vives, ont permis d’enrichir significativement le document. Plusieurs intervenants, dont William NDJAPOU, ont joué un rôle clé dans la régulation des débats et la recherche de consensus.
A l’issue des travaux, les participants ont formulé des recommandations pertinentes visant à améliorer et consolider le projet de loi avant sa transmission aux instances compétentes pour adoption.
La clôture de l’atelier a été marquée par l’intervention du Directeur Général de l’ICASEES, qui a salué la qualité des échanges et l’engagement des participants. Il a ensuite donné son accord pour la traditionnelle photo de famille, avant de convier les participants à un dîner convivial, symbole de la réussite de cette importante rencontre.
Par GODOM Appolinaire
Webmaster – ICASEES
