ACTUALITES

Actualités

ICASEES : Restitution de la deuxième phase de l’atelier d’apurement des données du RGPH-4

ICASEES : Restitution de la deuxième phase de l’atelier d’apurement des données du RGPH-4

Bangui, 03 juillet 2026 – Salle de conférence de l’ICASEES

L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES) a organisé, le 3 juillet 2026, la restitution de la deuxième phase de l’atelier d’apurement des données du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4). Présidée par le Directeur Général de l’ICASEES, M. Blaise Bienvenu ALI, cette importante réunion technique a rassemblé les membres du Comité de Direction, les responsables techniques du RGPH-4, les spécialistes en traitement des données ainsi que les principaux experts nationaux et internationaux impliqués dans le processus de production des résultats du recensement.

Après les opérations de cartographie censitaire, le dénombrement numérique de la population, les premiers traitements des bases de données ainsi que les précédents ateliers d’apurement, cette restitution vient consolider plusieurs mois d’un travail technique particulièrement exigeant.

Vue des participants

Cette restitution s’inscrit dans la continuité des travaux engagés depuis mai 2026.

En effet, un premier atelier d’apurement s’était déroulé du 4 au 23 mai 2026, en deux phases successives à Bangui puis à Boali. Il avait permis de mettre en place les premières procédures de contrôle de qualité des données collectées lors du recensement. Les équipes avaient alors procédé aux premières vérifications de cohérence, aux corrections des anomalies détectées ainsi qu’à l’harmonisation des bases de données avant leur exploitation statistique.

Le 28 mai 2026, une première restitution avait permis aux neuf groupes thématiques de présenter les résultats de leurs travaux devant les responsables de l’ICASEES. Les échanges techniques avaient conduit à de nombreuses recommandations méthodologiques destinées à renforcer davantage la qualité des données. Les spécialistes avaient notamment utilisé plusieurs outils spécialisés, parmi lesquels CSPro, Stata et QGIS, pour effectuer les contrôles automatiques, les vérifications manuelles, les analyses de cohérence et les premières imputations statistiques.

Les observations formulées lors de cette première restitution ont constitué la feuille de route de la deuxième phase d’apurement organisée à Boali du 5 au 18 juin 2026.

M. Tony Bernos BOUKESSE, Annimateur principal

Cette nouvelle phase avait pour principal objectif de poursuivre l’amélioration de la qualité des données du RGPH-4 à travers la vérification approfondie, la correction et la stabilisation des différentes bases de données avant les étapes de traitement, d’analyse et de production des résultats officiels.

Les équipes techniques ont notamment travaillé sur :

  • l’examen, le codage et l’harmonisation des réponses enregistrées dans les modalités « Autres à préciser » ;
  • la détection et la correction des doublons, des valeurs aberrantes et des incohérences relevées dans les bases de données des ménages collectifs et des personnes sans domicile ;
  • l’harmonisation des programmes de détection des erreurs afin de garantir une parfaite cohérence entre les différentes bases ;
  • la documentation systématique des erreurs détectées, des corrections effectuées ainsi que des méthodes statistiques utilisées pour l’apurement.

Un accent particulier a également été mis sur la validation des programmes de contrôle relatifs à la structure de la population, la stabilisation des variables de localisation, notamment les informations de géolocalisation des ménages, ainsi que l’imputation des valeurs manquantes selon les méthodes statistiques appropriées.

La restitution a donné lieu à des échanges particulièrement riches entre les participants.

Sous la coordination de M. Tony Bernos BOUKESSE, animateur principal, les travaux ont bénéficié des contributions du Professeur Pierre KLISSOU, Conseiller Technique Principal (CTP), ainsi que de Mme Nour CHEIKH SIDIYA, experte internationale en Enquête Post-Censitaire (EPC) venue de Mauritanie.

Mme Nour CHEIKH SIDIYA, experte internationale en Enquête Post-Censitaire (EPC) venue de Mauritanie

L’un des principaux sujets de discussion a porté sur les écarts observés entre les effectifs recensés lors de la cartographie censitaire et ceux enregistrés durant le dénombrement numérique de la population.

Ces différences parfois significatives ont conduit les experts à analyser plusieurs hypothèses, notamment les comportements observés chez certains agents recenseurs qui, dans certaines localités, auraient réduit artificiellement la taille des ménages afin d’accélérer leurs opérations de collecte. Ces situations ont naturellement suscité d’intenses débats techniques portant sur les méthodes permettant d’identifier, de mesurer et de corriger ces biais statistiques.

Les participants ont formulé plusieurs propositions méthodologiques fondées sur des approches démographiques et statistiques afin de limiter les effets de ces anomalies sur les résultats définitifs du recensement.

Le Directeur Général de l’ICASEES, le Conseiller Technique Principal et l’experte en Enquête Post-Censitaire ont enrichi les échanges par leurs analyses, en insistant sur la nécessité d’appliquer des méthodes scientifiquement robustes afin de garantir la crédibilité des résultats qui seront soumis aux plus hautes autorités de l’État.

Les discussions ont également rappelé le rôle déterminant que jouera l’Enquête Post-Censitaire (EPC) dans l’évaluation de la couverture et de la qualité du recensement.

Cette enquête permettra notamment d’estimer les omissions éventuelles, d’évaluer les erreurs de couverture et d’apporter les ajustements statistiques nécessaires afin d’améliorer encore la précision des résultats.

Les participants ont également évoqué les défis particuliers liés aux zones qui n’ont pu être entièrement couvertes lors du dénombrement en raison du contexte sécuritaire, notamment certaines localités telles que Djema et Zémio.

Dans ce contexte, plusieurs interrogations ont été soulevées sur les modalités pratiques de réalisation de l’EPC dans les zones encore affectées par l’insécurité. Si cette préoccupation demeure légitime, les experts ont réaffirmé leur confiance dans les dispositifs qui seront mis en place afin de garantir, autant que possible, une couverture statistique conforme aux standards internationaux.

Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées afin de renforcer les futures opérations de traitement statistique.

Les participants ont notamment recommandé la mise à disposition d’ordinateurs plus performants, capables de répondre aux exigences des traitements de données de grande ampleur, ainsi que l’implication renforcée des institutions nationales concernées, notamment l’Université de Bangui, l’ILA, le MATDIL, le Ministère de l’Éducation Nationale et d’autres partenaires, dans la validation de certains référentiels relatifs aux groupes ethniques, aux langues parlées et aux principales religions.

Au cours des échanges, le Directeur Général de l’ICASEES a émis une réserve concernant la classification de l’ethnie Bogongo, qui apparaissait comme un groupe ethnique distinct dans les travaux présentés. Selon lui, cette appellation mériterait un examen approfondi, dans la mesure où elle pourrait plutôt être considérée comme un sous-groupe de l’ethnie Gbaya. À ce sujet, plusieurs participants ont apporté des précisions en indiquant que les Bogongo seraient davantage rattachés au sous-groupe Mbémou. Il a été convenu que cette question fera l’objet d’analyses complémentaires, avec l’implication des institutions compétentes, afin d’assurer une classification conforme aux réalités anthropologiques, linguistiques et culturelles du pays.

Par ailleurs, le Directeur Général de l’ICASEES a favorablement accueilli les recommandations formulées par les participants, notamment celle relative au renforcement des capacités matérielles des équipes techniques. Il a indiqué que l’acquisition d’équipements informatiques de haute performance sera prise en compte avec diligence dans le cadre des procédures de passation des marchés du projet HISWACA-SOP2, financé par la Banque mondiale. Cette initiative contribuera à moderniser les infrastructures informatiques de l’ICASEES et à renforcer durablement ses capacités techniques pour la conduite des prochaines opérations statistiques d’envergure.

La restitution de cette deuxième phase d’apurement constitue l’une des dernières grandes étapes techniques précédant l’analyse approfondie des données, la production des tableaux statistiques et la publication des résultats définitifs du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4).

A l’issue de cette restitution, les équipes techniques engageront une troisième phase d’apurement à Boali, sous la supervision de la Consultante en Enquête Post-Censitaire (EPC). Cette nouvelle étape permettra de poursuivre les vérifications complémentaires, de consolider les corrections apportées aux bases de données et de finaliser les ajustements nécessaires avant les phases d’analyse et de diffusion des résultats du recensement.

.

Par GODOM OUALOU Appolinaire
Point Focal ODP / Webmaster – ICASEES



CONNECTEZ-VOUS

Recherche avancée

DERNIERES ACTUALITES

Articles les plus consultés

ABONNEZ-VOUS

NEWSLETTER