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RGPH-4 : Les « commandos » de l’apurement poursuivent leur mission malgré les circonstances

RGPH-4 : Les « commandos » de l’apurement poursuivent leur mission malgré les circonstances

Boali, le 14 juillet 2026 – Salle de conférence du Motel SEYI DEYE

Pendant que les participants à l’atelier national de préparation de l’évaluation ODIN 2026 suspendaient temporairement leurs travaux en raison de la situation sécuritaire survenue dans la ville de Boali, une autre équipe poursuivait, imperturbable, une mission tout aussi stratégique : l’apurement des données du quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4).

Profitant de cette interruption imprévue, le Point Focal et Administrateur du Portail Open Data de la République Centrafricaine (ODP-RCA), M. Appolinaire GODOM OUALOU, est allé rendre une visite de courtoisie aux spécialistes de l’apurement, installés depuis plusieurs jours dans la salle de conférence du Motel SEYI DEYE, où se déroule cet important atelier financé par la Banque mondiale, à travers le Projet HISWACA-SOP2.

Cette étape d’apurement constitue l’une des plus importantes du RGPH-4. C’est à ce niveau que les millions d’informations collectées sur le terrain sont minutieusement contrôlées, corrigées, harmonisées et validées afin de garantir des résultats fiables qui serviront de référence à la planification du développement, à l’élaboration des politiques publiques et à la prise de décision pendant plusieurs années.

Il faut bien l’avouer avec beaucoup d’humour : ce sont les spécialistes de l’apurement qui nous ont "confisqué" la salle de conférence initialement prévue pour notre atelier ODIN ! Sur le moment, nous étions presque tentés de déposer une réclamation statistique auprès de la Direction Générale. Mais après avoir découvert l’ampleur du travail qui s’y déroule, toute envie de protester s’est envolée. Ils avaient manifestement une excellente raison d’occuper les lieux.

En franchissant la porte de la salle, j’ai découvert une ambiance impressionnante. Malgré les préoccupations extérieures, les spécialistes poursuivaient leurs travaux avec un calme olympien. Chacun était rivé à son écran, analysant les bases de données avec une concentration qui faisait oublier tout ce qui se passait dehors.

Je me suis alors dit avec le sourire :

« Finalement, c’est peut-être ici le refuge le plus sûr de Boali ! »

En suivant les recommandations de notre Spécialiste en Sécurité du projet HISWACA-SOP2, M. Sylvestre BAZA BANGUIMBI, je me suis installé discrètement parmi eux. Dans cette salle, le seul danger qui semblait véritablement inquiéter les participants n’était ni le bruit extérieur ni les intempéries, mais plutôt une variable incohérente, un doublon ou une donnée mal codifiée !

Il faut également raconter un épisode qui restera certainement dans les souvenirs des participants.

Quelques instants auparavant, alors que chacun savourait tranquillement son petit-déjeuner, des détonations entendues au loin ont immédiatement attiré l’attention.

C'est alors que Mme Corinne YADINDJI, manifestement la première à prendre la mesure de la situation, n'a laissé à personne le temps de savourer son petit-déjeuner. Avec un réflexe de prudence digne d'un chef d'équipe en opération, elle nous a presque fait battre le record du 100 mètres, entraînant dans son élan plusieurs participantes vers un endroit jugé plus sûr. Les tasses de café, les beignets, le pain et les omelettes sont ainsi restés seuls sur les tables, abandonnés à leur triste sort. Quant aux autres dames qui l'accompagnaient dans cette retraite stratégique, je préfère taire leurs noms afin de préserver mon encre... et surtout éviter de me retrouver devant un « tribunal des collègues » à mon retour à Bangui ! (Rires.). Résultat : les beignets, le pain, les omelettes et le café sont restés seuls sur les tables… certainement les plus grands déçus de cette matinée ! (Rires.)

Une fois installé auprès des spécialistes de l’apurement, j’ai rapidement compris pourquoi ils avaient "réquisitionné" la salle.

Sous la supervision de la Consultante internationale, Mme Nour CHEIKH SIDIYA, les équipes réalisaient un travail d’une extrême minutie. Chaque variable était examinée, chaque incohérence recherchée, chaque anomalie corrigée avant la validation définitive des bases de données.

Pendant plusieurs minutes, impossible ou presque d’engager une conversation. Tous les regards étaient tournés vers les écrans. Les échanges techniques se limitaient à quelques mots : variables, contrôles de cohérence, doublons, pondérations, corrections…

A ce moment précis, je me suis dit intérieurement :

« Finalement, ils ont bien fait de nous prendre la salle… vu la montagne de travail qui leur reste encore à gravir ! »

Je ne fais aucun plaidoyer… mais en observant la quantité impressionnante de travail restant, une petite question m’est venue naturellement à l’esprit :

« Vont-ils réellement terminer cette semaine ? »

Après tout, les Agents Recenseurs ont bien bénéficié de jours supplémentaires pour achever leur mission. Si jamais les spécialistes de l’apurement demandaient, eux aussi, quelques jours supplémentaires… je crois que beaucoup de statisticiens comprendraient parfaitement leur requête ! (Rires.)

Derrière les futurs tableaux statistiques, les cartes thématiques, les indicateurs démographiques et les analyses qui éclaireront les décisions publiques, se cachent des femmes et des hommes qui travaillent dans la plus grande discrétion.

Grâce à leur professionnalisme, à l’encadrement technique de la consultante internationale Mme Nour CHEIKH SIDIYA, ainsi qu’au soutien constant de la Banque mondiale, à travers le Projet HISWACA-SOP2, la République centrafricaine franchit une étape décisive vers la production de résultats du RGPH-4 conformes aux standards internationaux.

L’appui de la Banque mondiale ne se limite pas au financement des opérations de terrain. Il accompagne également les phases essentielles de traitement, d’apurement, de contrôle de qualité, d’analyse et de diffusion des résultats, garantissant ainsi des statistiques fiables, crédibles et utiles à la planification du développement national.

Comme si la nature voulait également participer à cette journée riche en émotions, une longue pluie est tombée sur Boali en fin d’après-midi, rafraîchissant l’atmosphère et ramenant progressivement le calme.

A 19 heures, la ville semblait déjà plongée dans le silence. Les ateliers avaient cessé, les ordinateurs étaient enfin au repos et chacun regagnait sa chambre pour reprendre, dès le lendemain, cette grande aventure statistique.

Quant à votre humble serviteur, il a profité de la précieuse connexion Starlink, devenue presque un membre de l’équipe, pour rédiger et publier cet article avant que le sommeil ne gagne tout le monde.

Si quelqu’un doute qu’à Boali tout le monde dormait déjà à 19 heures… qu’il me le dise ! Je suis prêt à augmenter le volume des grillons pour lui en apporter la preuve ! (Rires.)

Au-delà de ces instants de sourire, une réalité demeure : le RGPH-4 avance grâce à des équipes engagées, compétentes et passionnées. Leur travail contribuera à doter la République centrafricaine de données démographiques fiables, indispensables à une meilleure planification du développement, à une répartition plus équitable des ressources et à une prise de décision fondée sur des preuves.

Toutes nos félicitations à ces véritables « Africa Corps de l’apurement » du RGPH-4, ces héros de l’ombre qui transforment des millions de données brutes en informations stratégiques au service du développement de notre pays.

Vive le RGPH-4 ! Vive les statisticiens de l’ombre ! Et vivement la publication des résultats qui éclaireront les décisions publiques de demain.

Par Appolinaire GODOM OUALOU
Point Focal et Administrateur ODP-RCA
Webmaster – ICASEES


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