Pissa, village Kpékéto, le 09 août 2026
A l’occasion de la Journée Internationale des Peuples Autochtones, célébrée chaque année le 9 août, l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES) a été représenté, ce dimanche 09 août 2026, au village Kpékéto, dans la commune de Pissa, préfecture de la Lobaye, à l’invitation de l’Organisation Vision Positive pour les Femmes en Afrique (OVPFA).
Cette journée internationale constitue un moment privilégié de sensibilisation, de dialogue et de mobilisation en faveur des droits, de la dignité, de la culture et de la participation des Peuples Autochtones au développement. Instituée par les Nations Unies, elle est célébrée chaque 9 août afin de mettre en lumière les contributions des Peuples Autochtones, leurs cultures et leurs droits, ainsi que les défis auxquels ils demeurent confrontés.
En République centrafricaine, cette célébration revêt une importance particulière au regard de la nécessité de renforcer l’inclusion des communautés autochtones dans les politiques publiques, les programmes de développement et les processus de production des données statistiques nécessaires à une meilleure connaissance de la population.
La rencontre organisée à Kpékéto était placée sous le thème : « Promouvoir les droits, la dignité, la culture et l’inclusion des peuples autochtones AKA pour un développement durable ».
L’ICASEES y a été représenté par Madame Dorcas GOUNEGOUNE, Chef de Service de Passation des Marchés et Responsable des Peuples Autochtones à l’ICASEES, invitée officielle de l’Organisation Vision Positive pour les Femmes en Afrique (OVPFA).
La cérémonie a réuni des membres de la communauté locale, des représentants des populations autochtones, notamment les communautés Aka et Bayaka, ainsi que plusieurs personnalités et représentants des institutions publiques. Parmi les participants figuraient notamment le représentant du ministre en charge de l’Économie numérique et celui du ministre en charge des Arts et de la Culture représenté par le Chargé de Mission des Arts et Culture M. Philippe BOKOULA.
Dans son intervention, Madame Dorcas GOUNEGOUNE a présenté l’importance accordée par l’ICASEES à la promotion de l’inclusion sociale et à la prise en compte effective des Peuples Autochtones dans les opérations statistiques nationales.
Elle a particulièrement mis en avant les enseignements tirés de l’implication des Peuples Autochtones et des Peuls dans le processus du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4), notamment à travers leur participation au dénombrement numérique.
Le dénombrement numérique constitue une évolution majeure dans la modernisation des opérations de recensement. Au-delà de l’introduction des outils numériques, l’expérience du RGPH-4 a également mis en évidence l’importance de disposer d’une approche inclusive permettant de mieux prendre en compte les différentes composantes de la population centrafricaine, y compris les communautés autochtones.
La représentativité des Peuples Autochtones et des Peuls dans le processus de dénombrement constitue ainsi un enjeu essentiel pour la qualité et l’exhaustivité des données produites. Leur participation permet de rapprocher l’opération statistique des réalités vécues sur le terrain, de faciliter le dialogue avec les communautés et de contribuer à une meilleure couverture des populations parfois difficiles à atteindre par les dispositifs classiques de collecte.
Cette démarche s’inscrit également dans l’esprit de la Norme Environnementale et Sociale n°7 (NES7) de la Banque mondiale, consacrée aux Peuples Autochtones/Communautés locales traditionnelles d’Afrique subsaharienne historiquement défavorisées. La NES7 vise notamment à garantir le respect des droits humains, de la dignité, de l’identité, de la culture et des moyens de subsistance des Peuples Autochtones, tout en favorisant leur participation et leur accès équitable aux bénéfices du développement d’une manière culturellement appropriée et inclusive.
Dans cette perspective, l’expérience du RGPH-4 apparaît comme une illustration concrète de la nécessité de renforcer la participation des communautés concernées dans les opérations statistiques. Pour l’ICASEES, produire des statistiques de qualité signifie également veiller à ce que chaque composante de la population soit visible dans les données et puisse contribuer au processus de production de l’information statistique.
Cette approche prend une dimension particulière dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, deuxième phase (HISWACA-SOP 2), financé par la Banque mondiale. Le projet contribue au renforcement des systèmes statistiques et à l’amélioration de la disponibilité de données fiables nécessaires à la planification, au suivi des politiques publiques et à la prise de décision.
L’engagement en faveur de l’inclusion des Peuples Autochtones rejoint ainsi une préoccupation centrale de la statistique officielle : ne laisser aucune communauté en dehors du champ de l’observation statistique. La qualité d’un recensement ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes dénombrées, mais également à la capacité du dispositif à atteindre les différentes communautés, à respecter leurs spécificités et à garantir leur représentation dans les données produites.
La Journée Internationale des Peuples Autochtones offre également l’occasion de rappeler que les communautés autochtones détiennent des savoirs, des pratiques et des patrimoines culturels qui contribuent à la richesse du pays et à la préservation des ressources naturelles. Les Nations Unies soulignent d’ailleurs le rôle important des Peuples Autochtones dans la conservation de la biodiversité et dans la transmission de connaissances et de pratiques adaptées à leurs territoires.
A Kpékéto, cette célébration aura donc permis de créer un espace de dialogue autour de plusieurs enjeux essentiels : droits, dignité, culture, inclusion, participation communautaire et développement durable.
Pour l’ICASEES, elle constitue surtout une occasion de réaffirmer un principe fondamental : une statistique nationale de qualité doit être une statistique qui donne une visibilité à toutes les composantes de la population centrafricaine.
Dans cette dynamique, l’Institut entend poursuivre ses efforts pour renforcer la prise en compte des Peuples Autochtones et des Peuls dans les opérations statistiques, améliorer leur participation aux processus de collecte et contribuer, à travers des données fiables et désagrégées lorsque cela est pertinent et possible, à une meilleure connaissance de leurs conditions de vie et de leurs besoins.
L’ICASEES remercie l’Organisation Vision Positive pour les Femmes en Afrique (OVPFA) pour son invitation et l’ensemble des participants pour leur mobilisation en faveur de la promotion des droits, de la dignité, de la culture et de l’inclusion des Peuples Autochtones.
Cette célébration rappelle enfin que derrière chaque chiffre se trouve une personne, une famille, une communauté et une histoire. Faire en sorte que chacune et chacun puisse être correctement pris en compte dans les statistiques nationales, c’est aussi contribuer à construire un développement plus équitable, plus inclusif et plus durable pour la République centrafricaine.
Crédits photos : Madame Dorcas GOUNEGOUNE
Crédit rédactionnel :
GODOM OUALOU Appolinaire
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