Bangui, du 7 au 9 octobre 2026 - Salle de la Résidence JM
Bangui, le 10 octobre 2026
L'Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales (ICASEES) a organisé, du 7 au 9 octobre 2026 à Bangui, l'atelier d'évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la deuxième Stratégie nationale de développement de la statistique (SNDS2), couvrant la période 2024-2028. Les travaux ont été intégralement financés par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
L'ouverture des travaux a été faite par le Directeur Général de l'ICASEES, M. Blaise Bienvenu ALI, en présence du représentant du PNUD.
L'atelier a réuni les représentants des Institutions de la République, de la Primature, des départements ministériels et offices publics, les membres du Comité Technique de Programmation des Activités Statistiques (CTPAS), les cadres du Système statistique national et des experts.
En août 2023, la République centrafricaine s'est dotée d'une stratégie statistique de deuxième génération, portée par une enveloppe de près de 60 milliards de francs CFA et articulée autour de quatre piliers :
- le renforcement du cadre réglementaire ;
- l'élévation des capacités techniques ;
- l'élargissement de la couverture statistique ;
- la modernisation des mécanismes de diffusion.
Trois ans plus tard, à mi-chemin de la période couverte, le moment était venu d'en mesurer l'exécution. Dans son discours d'ouverture, le Directeur Général a rappelé que cette vision constitue aujourd'hui « notre boussole », et que le temps était venu « de marquer une halte, non pour regarder en arrière avec complaisance, mais pour examiner avec lucidité le chemin parcouru et celui qui reste à couvrir ».
Il a d'emblée écarté la tentation de l'exercice formel : l'enjeu de ces trois journées, a-t-il souligné, « dépasse le simple exercice comptable ». Il s'agissait de confronter les réalisations aux engagements initiaux. En sa qualité de Président du CTPAS, le Directeur Général a exhorté les participants à engager « une revue sans concession » des activités menées au sein de leurs structures respectives.
TROIS EXIGENCES POSÉES AUX PARTICIPANTS
Le Directeur Général a assigné aux travaux trois exigences.
La rigueur dans l'actualisation. La programmation doit être ajustée pour rester en phase avec les réalités mouvantes du terrain et les besoins de la Nation.
L'honnêteté dans l'identification des défis. Aucune difficulté ne doit être occultée, qu'elle soit d'ordre structurel, financier ou technique : « le diagnostic doit être complet pour être utile ».
L'audace dans les solutions. « Il ne nous suffit pas de lister des problèmes » : les participants étaient attendus sur la formulation de mesures correctives concrètes et opérationnelles, propres à assurer la mise en œuvre harmonieuse des activités restantes d'ici à 2028.
UN CONTEXTE PROFONDÉMENT MODIFIÉ DEPUIS L'ADOPTION
L'évaluation intervient dans un paysage statistique qui a sensiblement évolué depuis 2023.
Le RGPH-4. Après le dénombrement, le Quatrième Recensement général de la population et de l'habitation est entré dans sa phase de traitement. Les travaux d'apurement conduits de mai à septembre 2026 ont mobilisé les équipes techniques autour de la vérification et de la cohérence des données censitaires, préalable à leur tabulation et à la publication des résultats.
La réforme du cadre juridique. Le projet de loi destiné à remplacer la loi n° 01.008 du 16 juillet 2001 relative à la réglementation des activités statistiques touche directement au premier pilier de la stratégie. Il a franchi les étapes de validation technique et de relecture stratégique avant son examen par la Commission chargée des projets de textes officiels.
Le renforcement des capacités. Le Plan de renforcement des capacités des cadres du Système statistique national, validé en juin 2026, constitue désormais le cadre de référence des actions de formation et de professionnalisation.
Les enquêtes nationales. L'Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM2) et l'Enquête sur le commerce transfrontalier informel (ECTI) élargissent la couverture statistique sur les conditions de vie des populations et sur des phénomènes économiques difficiles à mesurer.
La transformation numérique. Le Portail Open Data de la République centrafricaine, les Archives nationales de données, la plateforme REDATAM et la participation du pays à l'évaluation internationale Open Data Inventory ont modifié les conditions d'accès aux statistiques officielles.
LES RÉSULTATS ATTENDUS
Au terme des trois journées de travaux, plusieurs produits étaient attendus :
- une version actualisée de la SNDS2 2024-2028 ;
- un cadre de résultats et des indicateurs de suivi révisés ;
- un calendrier de mise en œuvre réaligné sur la période restante ;
- une matrice de répartition des responsabilités entre les structures du Système statistique national ;
- un plan de diffusion et de vulgarisation de la stratégie ;
- un rapport général de l'atelier.
La vulgarisation constitue en effet le prolongement nécessaire de l'évaluation. Une stratégie nationale ne produit pleinement ses effets que si elle est connue au-delà du cercle de ses concepteurs : chaque structure doit pouvoir situer ses activités dans les axes retenus, identifier les engagements qui lui incombent et comprendre les résultats auxquels ses productions contribuent.
« LA QUALITÉ DE NOS DONNÉES DÉTERMINE LA QUALITÉ DE NOS POLITIQUES »
S'adressant aux experts mobilisés pour l'exercice, le Directeur Général a rappelé le lien direct entre la valeur des données et celle des décisions publiques qu'elles éclairent : « la qualité de nos données détermine la qualité de nos politiques de développement ». Transformer le pays suppose, selon lui, de transformer d'abord la manière de produire, d'analyser et de valoriser la statistique publique.
Il a dit compter sur leur expertise, leur esprit critique et leur sens de l'intérêt général pour faire de cet atelier « un véritable catalyseur de la performance » du Système statistique national.
Le Directeur Général a exprimé la gratitude de l'Institut au PNUD pour son appui constant et pour le financement intégral de l'atelier, relevant que l'engagement du PNUD et de la Banque mondiale aux côtés du Gouvernement témoigne de leur confiance dans la vitalité du Système statistique national et dans la pertinence de ses objectifs de développement.
C'est sur ces mots qu'il a déclaré officiellement ouvert l'atelier d'évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la SNDS2.
L'évaluation à mi-parcours n'a pas vocation à clore un cycle, mais à corriger une trajectoire. Les mesures correctives arrêtées à Bangui devront désormais se traduire en activités programmées, dotées de responsables identifiés et d'échéances, jusqu'au terme de la stratégie en 2028.
C'est à cette condition que la SNDS2 jouera pleinement son rôle fédérateur : relier les réformes institutionnelles aux priorités techniques, et donner une direction commune aux interventions des différents producteurs de données au service de la décision publique.
Credits photos : Service Communication - ICASEES
Par Appolinaire GODOM OUALOU
Point focal et administrateur du Portail Open Data (ODP-RCA)
Webmaster – ICASEES

