Bangui, les 7 et 8 octobre 2026 - Salle de conférence de l’ICASEES
Bangui, le 9 octobre
L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES) a accueilli, les 7 et 8 octobre 2026, une mission de supervision et d’appui de la Banque mondiale consacrée à la mise en œuvre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA-SOP2, P180085).
Cette mission s’inscrit dans le cadre du suivi régulier des activités du projet et vise à apprécier le niveau d’exécution des engagements, à examiner les résultats obtenus, à identifier les difficultés rencontrées et à convenir des mesures nécessaires pour améliorer la mise en œuvre des activités. Les échanges ont notamment porté sur la gestion fiduciaire, les sauvegardes environnementales et sociales, le suivi-évaluation, la production statistique ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles de l’Institut.
Au-delà de l’examen des réalisations, ces travaux ont constitué un cadre de dialogue technique entre la Banque mondiale et les responsables de l’ICASEES autour des priorités de développement du Système Statistique National et des exigences de performance associées au projet.
UNE MISSION ANNONCÉE PAR LE REPRÉSENTANT RÉSIDENT DE LA BANQUE MONDIALE
Par courrier n° GBM/RCA/RR/GY/rby/579 du 21 septembre 2026, adressé à Son Excellence Monsieur Marc MANDABA, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, le Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale, Monsieur Alexandre ARROBBIO, avait annoncé la venue de l’équipe chargée de cette mission, initialement programmée du 5 au 9 octobre 2026.
La mission avait pour objectif de faire le point avec l’ICASEES et les autres structures concernées sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du projet, en accordant une attention particulière à la gestion fiduciaire, aux sauvegardes environnementales et sociales et au dispositif de suivi-évaluation. Elle devait également permettre d’apprécier la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente mission d’appui et d’examiner les actions prioritaires à engager.
Conduite par Monsieur Gervais Chamberlin YAMA, Statisticien principal, Pauvreté et Équité, la délégation réunissait des spécialistes couvrant les principaux domaines techniques et opérationnels du projet :
- Madame Sandrine Armelle NAMBESSA NDOUBENOUE, spécialiste en sauvegarde environnementale ;
- Madame Melat Assefa ASFAW, spécialiste en infrastructure ;
- Monsieur Angelo DONOU, spécialiste principal en gestion financière ;
- Monsieur Harouna DJIBRILLA DJIMBA, spécialiste principal en passation des marchés ;
- Monsieur Evariste MBAYELAO, spécialiste en développement social ;
- Monsieur Cédric DE SAINT FRANÇOIS SEBIRO TEWARA, consultant en gestion financière ;
- Monsieur Gany APAIDA MBOLIDI, consultant en passation des marchés ;
- Madame Rosine Prudence BABOU YAKONDJI, assistante d’équipe.
La diversité des compétences mobilisées traduit le caractère transversal de la supervision, qui ne se limite pas aux résultats techniques des activités statistiques, mais couvre également les conditions administratives, financières, sociales et matérielles indispensables à leur bonne exécution.
UN CALENDRIER RÉAMÉNAGÉ POUR PRÉSERVER L’ENSEMBLE DES OBJECTIFS
Le déroulement de la mission a nécessité une adaptation du calendrier initial en raison des engagements opérationnels de l’ICASEES et des contraintes de déplacement de l’équipe de la Banque mondiale.
Du 2 au 5 octobre 2026, l’Institut avait organisé à Boali, dans la salle de conférence « Le Manager », une retraite de travail consacrée à l’apurement et à la tabulation des données du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4). Cette activité, essentielle au processus de traitement et de valorisation des données censitaires, a mobilisé les équipes de l’ICASEES jusqu’au 5 octobre, leur retour à Bangui étant intervenu le 6 octobre.
Dans ce contexte, le Directeur général de l’ICASEES, également coordonnateur du projet HISWACA-SOP2, avait convié les directeurs, chefs de service, cadres et consultants nationaux à prendre part aux réunions de travail programmées du 7 au 12 octobre 2026.
Toutefois, la mission de la Banque mondiale devant s’achever le 9 octobre, compte tenu d’autres engagements prévus dans la sous-région CEMAC, les travaux ont été réorganisés autour des journées des 7 et 8 octobre.
Ce réaménagement a conduit à un calendrier particulièrement dense, sans réduction du périmètre de la revue. Les présentations techniques, l’examen des documents de suivi et les échanges avec les responsables concernés ont été concentrés sur deux journées, avec pour objectif de parcourir l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour.
.Les travaux se sont déroulés dans la salle de conférence de l’ICASEES, en présence des responsables des directions techniques, des chefs de service, des cadres fonctionnaires et des consultants nationaux concernés par la mise en œuvre du projet.
Les séances ont privilégié une approche fondée sur l’examen des réalisations et des documents de suivi, plutôt que sur de simples présentations générales. Chaque responsable était invité à rendre compte de l’état d’avancement des activités relevant de son domaine, à présenter les résultats obtenus, à signaler les difficultés rencontrées et à préciser les mesures correctives ou les actions prioritaires envisagées.
Une attention particulière a été accordée à l’outil de suivi des activités de l’ICASEES, arrêté à la situation du 30 septembre 2026. Les activités ont été examinées individuellement, en considérant leur intitulé, le responsable désigné, l’état d’exécution et l’appréciation de conformité. Les informations disponibles ont été discutées au regard des éléments de justification présentés, tandis que les lignes non renseignées ont été relevées pour permettre un meilleur suivi.
La matrice de mise en œuvre des recommandations de la précédente mission d’appui a également été passée en revue. Chaque recommandation a fait l’objet d’un examen portant sur son état d’avancement et son niveau de réalisation, afin de distinguer les mesures déjà mises en œuvre de celles nécessitant des efforts supplémentaires.
Cette démarche vise à renforcer la fiabilité du reporting, la traçabilité des décisions et la capacité des équipes à mesurer les progrès accomplis. Elle contribue également à identifier les écarts entre la programmation initiale et l’exécution effective des activités, condition essentielle à une meilleure planification des interventions futures.
Les discussions ont couvert les principaux axes d’intervention du projet, en commençant par l’état de mise en œuvre des recommandations antérieures et l’exécution du Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026.
A ce titre, les participants ont examiné les activités réalisées, les niveaux d’engagement et de décaissement, ainsi que les difficultés susceptibles d’affecter l’exécution du programme de travail. L’objectif était d’apprécier la concordance entre les activités planifiées, les ressources mobilisées et les résultats attendus.
1. LES STATISTIQUES ECONOMIQUES
Le volet des statistiques économiques a occupé une place importante dans les travaux. Les échanges ont notamment porté sur :
- la production des statistiques du secteur réel et des statistiques fiscales ;
- l’élaboration des comptes nationaux ;
- le développement des statistiques administratives de l’éducation et de l’enseignement supérieur ;
- les statistiques agricoles et de l’élevage ;
- le recensement des unités économiques ;
- la production de l’indice des prix à la consommation.
Ces domaines sont déterminants pour améliorer la disponibilité d’informations fiables sur l’évolution de l’économie nationale, soutenir l’analyse conjoncturelle et structurelle et répondre aux besoins des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs et des autres utilisateurs de données.
2. LES STATISTIQUES DEMOGRAPHIQUES ET SOCIOECONOMIQUES
Les travaux ont également accordé une attention particulière aux grandes opérations de collecte et de production de données démographiques et socioéconomiques, notamment le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), la deuxième Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM2) et l’Enquête sur le commerce transfrontalier informel (ECTI).
Le RGPH-4 constitue, à cet égard, un chantier majeur pour la connaissance de la population centrafricaine, de sa répartition territoriale et de ses caractéristiques démographiques et socioéconomiques. Les travaux d’apurement et de tabulation engagés par l’ICASEES s’inscrivent dans le processus de transformation des données collectées en résultats statistiques exploitables pour la planification du développement.
L’EHCVM2 et l’ECTI répondent, quant à elles, à des besoins complémentaires en matière de connaissance des conditions de vie des ménages et de mesure des échanges commerciaux transfrontaliers informels. La qualité de ces opérations et la disponibilité de leurs résultats constituent des enjeux importants pour l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques.
3. LES REFORMES INSTITUTIONNELLES ET L’ACCES AUX DONNEES
Les discussions ont également porté sur la Stratégie nationale de développement de la statistique, la politique de diffusion des données et le renforcement des capacités des acteurs du système statistique national.
Les questions relatives à la gestion, au traitement, au partage et à l’anonymisation des bases de données ont été abordées, de même que les besoins de formation et d’accompagnement technique.
L’enjeu est de favoriser une production statistique plus cohérente, accessible et conforme aux exigences de qualité, tout en veillant à la protection des informations individuelles. La diffusion et l’exploitation des données constituent en effet des étapes essentielles pour transformer les résultats statistiques en outils d’aide à la décision et en ressources utiles au débat public.
LA GESTION FIDUCIAIRE, LES SAUVEGARDES ET LES INFRASTRUCTURES AU CŒUR DE LA SUPERVISION
Conformément aux exigences applicables aux projets financés par la Banque mondiale, la mission a examiné les aspects fiduciaires et les mesures de sauvegarde associés à la mise en œuvre du HISWACA-SOP2.
Les échanges ont notamment concerné la passation des marchés, la gestion financière, la justification des dépenses et le respect des procédures applicables. L’examen de ces éléments vise à consolider la transparence dans l’utilisation des ressources, la conformité des opérations et la traçabilité des décisions prises dans le cadre du projet.
Les sauvegardes environnementales et sociales ont également figuré parmi les points examinés, afin de veiller à la prise en compte des exigences correspondantes dans les activités concernées.
Le volet des infrastructures a, pour sa part, porté sur le contrat de construction du bâtiment, le contrat relatif au bureau de supervision et de contrôle des travaux, ainsi que la location provisoire de locaux. Ces éléments revêtent une importance particulière pour le renforcement des capacités matérielles de l’Institut et l’amélioration de ses conditions de fonctionnement.
L’ensemble de ces questions a été abordé dans une logique de prévention des risques, de résolution des difficultés et d’amélioration continue de la gestion du projet.
La conduite des séances a été marquée par un examen méthodique des activités et des pièces de suivi. Les responsables ont été appelés à étayer leurs présentations par les informations disponibles, à expliciter les écarts constatés et à préciser les actions nécessaires pour améliorer les résultats.
Les échanges ont ainsi permis de confronter les niveaux d’avancement déclarés aux éléments documentaires présentés, tout en attirant l’attention sur les activités restant à renseigner, à justifier ou à faire progresser.
Cette approche favorise une compréhension partagée des contraintes de mise en œuvre et contribue à responsabiliser les acteurs dans le suivi des engagements. Elle rappelle également que la performance d’un projet ne se mesure pas uniquement au nombre d’activités engagées, mais aussi à la qualité des réalisations, au respect des procédures et à la capacité à produire des résultats durables.
Malgré le caractère resserré du calendrier, les travaux ont conservé leur dimension technique et opérationnelle, avec une attention constante portée aux éléments de preuve, à la conformité des procédures et à la clarification des responsabilités.
UN AIDE-MÉMOIRE POUR CONSOLIDER LES ACQUIS ET ORIENTER LES PROCHAINES ÉTAPES
Au terme de la mission, un Aide-Mémoire récapitulant les principales observations, conclusions et recommandations doit être préparé, discuté avec la partie gouvernementale, puis transmis conformément aux pratiques de supervision de la Banque mondiale.
Ce document constituera un support de référence pour le suivi des actions à entreprendre. Il permettra de formaliser les points d’attention relevés au cours des échanges, de préciser les mesures correctives attendues et de faciliter le suivi des engagements des différentes parties prenantes.
Pour l’ICASEES, l’enjeu sera de traduire les recommandations retenues en actions concrètes, assorties de responsabilités clairement identifiées et d’échéances de mise en œuvre. Le suivi de ces mesures devra contribuer à améliorer la programmation, l’exécution et la documentation des activités, ainsi qu’à renforcer la coordination entre les équipes techniques et les fonctions de gestion du projet.
UNE ETAPE DANS LA CONSOLIDATION DU SYSTÈME STATISTIQUE NATIONAL
Projet régional consacré à l’harmonisation et à l’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, le HISWACA-SOP2 vise à renforcer les capacités des instituts nationaux et à améliorer la disponibilité de données fiables pour éclairer les politiques publiques. En République centrafricaine, sa mise en œuvre offre à l’ICASEES l’occasion de moderniser ses méthodes de production, de consolider ses compétences nationales et d’élargir l’accès aux données statistiques.
Les deux journées des 7 et 8 octobre auront permis d’établir un état des lieux documenté des activités en cours : l’avancement du RGPH-4 au stade de l’apurement et de la tabulation, la conduite de l’EHCVM2 et de l’ECTI, la production des statistiques économiques et des comptes nationaux, les chantiers de la Stratégie nationale de développement de la statistique et de la politique de diffusion des données, enfin la construction du futur siège de l’Institut. Elles auront aussi mis en évidence, sans complaisance, les activités restant à renseigner, à justifier ou à faire progresser.
Le resserrement du calendrier n’aura rien retiré à l’exigence de la revue. Il aura au contraire imposé une discipline : celle de rendre compte pièce en main, de distinguer ce qui est réalisé de ce qui est seulement engagé, et d’assumer les écarts entre la programmation et l’exécution. C’est à cette condition qu’un dialogue de supervision devient un instrument de pilotage, et non un exercice formel.
L’Aide-Mémoire attendu au terme de la mission fixera les points d’attention et les mesures correctives convenues. Sa portée dépendra de ce que l’Institut en fera : des recommandations traduites en actions datées, assorties de responsables identifiés et d’une documentation permettant d’en vérifier la mise en œuvre. C’est ce travail de suivi, conduit entre deux missions et non à leur approche, qui déterminera la qualité du prochain état des lieux.
Car un système statistique ne se juge pas au nombre d’activités inscrites à son programme de travail, mais à la fiabilité, à la régularité et à l’utilité des données qu’il met à la disposition de la décision publique et des citoyens. C’est l’horizon que trace cette mission, et c’est à cette aune que seront appréciés les progrès accomplis d’ici la prochaine.
GODOM OUALOU Appolinaire
PF ODIN/ODP RCA – Webmaster, ICASEES